Résidence d’Architecture 2026 :

ZUP II le Port – Atlas des Gestes Communs et des Histoires Singulières

par nos résidents : Romin Técher et Marion Labouré

Dans le cadre de la 6ème édition des résidences, soutenues par la Caisse des dépôts Mécénat, le Conseil national de l’Ordre des architectes et le Ministère de la Culture, les Maisons de l’architecture offrent l’opportunité à des équipes de spécialistes organisées autour d’un ou d’une architecte ou diplômé·e en architecture mandataire, de créer un projet culturel lors d’une résidence de plusieurs semaines. – Réseau des Maisons de l’Architecture (RMA)

Restitution de la résidence : 

Lieu : Allées Marie Curie et Sylvie Laugier, ZUP le Port – https://maps.app.goo.gl/r8TU7YZUMDtFCsRN6

Heure : 17h30 le vendredi 7 août 2026

Public : Ouvert à tout public

Projet dessiné par : Maison de l’Architecture de la Réunion (initiée par Aude Quibeuf Cousin, poursuivie sous la présidence de Yves Michel Bernard, avec la coordination de l’équipe de la Maison de l’Architecture de La Réunion.)

RDV à 17h30 le vendredi 7 août 2026

ZUP II Le Port

Résidence financée et soutenue par : 

PARTENAIRES FINANCIERS

Région Réunion, La Direction des Affaires Culturelles de La Réunion (DAC), La Société d’Habitations à Loyer Modéré de La Réunion (SHLMR), Le Réseau des Maisons de l’Architecture (RMA), Caisse des Dépôts.

PARTENAIRES OPERATIONNELS

Réseau des Maisons de l’Architecture (RMA), COARM, CAUE Réunion, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de la Réunion , Ecole supérieure d’art de la Réunion, FRAC Réunion, Préfet de la Réunion, Centre social et culturel ZUP, AGK – Ecritures sociales, Compagnons Bâtisseurs.

La ZUP est un territoire d’accueil encore plus complexe que tout ce que l’équipe pouvait s’attendre à venir rencontrer. La beauté humaine en exergue d’un fondement profondément misérable. Les âmes qui vivent ces architectures, ne sont en rien la représentation de leur remarquabilité. Ici, c’est l’environnement de la crainte et de la méfiance. Rendant les stratégies d’intégration encore plus ardues que de nécessaire. Il s’agirait de bannir le mot de stratégie pour en venir à la science de l’immixtion. Bien heureusement, ceux qui s’investissent se lient, et ceux qui préfère la réfraction le font.
Les propositions de l’équipe atteignent ceux pour qui les récepteurs sont encore ouverts. Pour la majorité, ici, ce n’est pas le cas. Faisant passer dans l’ordinaire une notion soupçonnée mais peu saisie par l’équipe résidente. Celle qui veut que l’environnement social applique un déterminisme monotone aux vies. Sommes de quoi, les résidents ne font que résider. Faisant accélérer leur précieux temps dans une philosophie du carpe diem ou de retour vers le peu de lumière vers laquelle ils peuvent se tourner.
Nos travaux ici, commencent à avoir cette teinte terne s’orientant vers des conclusions moroses. D’une architecture labellisée dont les résidents n’ont ni la force ni l’engouement nécessaire pour pouvoir l’apprécier. L’appréciation elle, nait lorsque l’esprit est délié. Ici, c’est des histoires ordinaires en sac de noeuds qui sont exprimées.
La richesse que l’on y trouve transcende l’architecture et l’art. Ici, c’est la tolérance du vide qui nourrit notre propos.
En architecture, c’est le rôle de l’architecte en tant que professionnel sachant qui est questionné : Comment concevoir pour une population qui est méconnue ou alors mise sous des jugements de valeurs ? La vérité de la standardisation en ligne de réponse, promeut elle aussi encore la déshumanisation au profit d’un véhicule purement physique.
Faire du logement confortable et fonctionnel ne correspondant en rien à ce désir de libération compris dans le véhicule psychique.
En art, c’est l’adéquation de faire accéder à la culture artistique et de prouver que la main de quiconque peut être matière d’expression qui vient tendre les raisonnements. Ceux qui ne souhaite pas se poser avec des idées qui sont trop lointaine de tout ce dont ils ont déjà rencontrer. La question à poser serait de : Comment faire comprendre le bonheur et la joie qui émane lors de la dégustation d’un donuts ? Si, la population n’a jamais goûter à quelconque pâtisserie ».

Démarches
  • Initialement, le propos se construisait autour de l’exploration de l’ordinaire qui s’intègre au territoire de la ZUPII. Travailler dehors, au plus près. S’infiltrer dans l’ordre naturel des choses pour pouvoir en déduire l’essence. Sans se faire embrigader par des pensées superposées par des perceptions orientées. Alors, le projet se comprend comme une invitation au sein du rythme de la ZUP. Avec le recul, cette démarche apparaît comme une expérience qui ne pouvait être dissociée des réalités qui composent ce territoire. Car en s’ouvrant à lui, il ne s’agissait pas seulement de recueillir des expressions, mais d’accepter que le lieu lui-même puisse répondre, parfois avec douceur, parfois avec résistance. Cette rétrospective permet alors de comprendre que l’acte de création partagé devient aussi un activateur de tensions, mais aussi prolongeant des attachements et des fragilités qui traversent un espace habité.
Stratégies
  • Notre manière d’entrer dans la ZUP II ne s’est jamais pensée comme une intervention. Car il existe une différence fondamentale entre venir dans un lieu et venir auprès de ceux qui le font exister. Nous avons cherché cette seconde posture. Celle qui ne considère pas l’espace comme une surface disponible, mais comme un ensemble de dynamiques déjà établis qu’il faut d’abord apprendre à reconnaître.
    Alors, plutôt que de provoquer une rencontre, nous avons cherché à créer les conditions de son apparition. Avec des supports suffisamment ouverts pour que chacun puisse y projeter ce qu’il souhaite y déposer. Cette démarche supposait d’accepter une part d’incertitude. Car s’immiscer dans un territoire ne signifie pas en maîtriser les codes, mais accepter d’en devenir progressivement un observateur attentif. Les habitudes, les méfiances, les élans spontanés, les refus, les discussions imprévues sont devenus autant de matières de compréhension. Le projet ne s’est donc pas construit uniquement à travers ce que nous proposions, mais aussi à travers ce qui échappait à nos intentions initiales. Être accueilli dans la ZUP II ne pouvait pas être une évidence. Cela devait se mériter par la répétition des présences et par la sincérité de la démarche. C’est dans cet intervalle, entre notre volonté de créer et la réalité d’un lieu qui conserve ses propres règles, que la résidence a trouvé son équilibre.
Adaptations

La participation ne se décrète pas. Si l’ouverture des espaces et la simplicité des propositions permettaient une première approche, elles ne suffisaient pas toujours à faire tomber les distances. Le manque d’engagement ou certains rejets directs ne pouvaient être considérés comme des obstacles extérieurs au projet. Ils constituaient au contraire une part de ce que nous étions venus rencontrer. Il a alors fallu adapter notre posture. Ne pas chercher à convaincre à tout prix, mais comprendre ce qui pouvait rendre la rencontre possible. Repenser les temporalités. Modifier les formats. Réduire parfois l’intention initiale pour laisser davantage de place à l’instant présent. L’atelier ne pouvait plus être uniquement un espace de production, il devait devenir un espace où la présence elle-même avait de la valeur.
Cette adaptation nous a amenés à déplacer notre regard sur la notion d’engagement. Participer ne signifie pas toujours prendre un outil, répondre à une question ou s’inscrire dans une action collective. Parfois, cela réside dans un échange de quelques minutes, un regard depuis une fenêtre, une remarque lancée en passant, ou simplement le fait de revenir observer. Ces morceaux de vie appartiennent eux aussi à la construction d’une relation. Il a fallu accepter que la résidence ne transforme pas instantanément le rapport au lieu, ni le rapport au projet. La ZUP possède ses propres mécanismes de protection. Entrer dans cet espace supposait donc de ne pas demander une confiance immédiate, même si parfois acquise, mais de comprendre qu’elle se construit par une accumulation de signaux faibles.
Ainsi, les adaptations opérées n’ont pas consisté à contourner les difficultés rencontrées, mais à les intégrer comme une lecture supplémentaire du territoire. Car si l’architecture remarquable témoigne d’une époque de conception, les réactions humaines qui traversent aujourd’hui ces espaces témoignent, elles aussi, d’une histoire en mouvement. Et c’est précisément dans cet écart entre ce qui est proposé et ce qui est reçu que se situe la véritable matière de la résidence.

Temps restant avant la fin des candidatures

02jours
16heures
32minutes
25secondes
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« La résidence d’architecture est un projet culturel créant les conditions d’une rencontre entre une équipe de professionnel·le·s fédérée autour d’un·e architecte ou d’un·e diplômé·e en architecture, et des populations, des élu·e·s, habitant·e·s, acteurs locaux, sur un territoire et dans un contexte donné.

La résidence d’architecture a pour vocation de contribuer à ouvrir le regard des populations locales sur les problématiques contemporaines liées à l’identité des villes et des territoires.

 

Elle doit également susciter le débat sur la production architecturale, les usages et les modes de vie ainsi que sur les liens entre l’habitat et l’environnement local, qu’il soit urbain, naturel ou agricole.
Avec l’appui de la Maison de l’architecture qui mobilise son propre réseau autour du projet, l’équipe résidente associe à sa démarche les populations, les élues et élus, actrices et acteurs de terrain et plus largement l’ensemble des habitantes et habitants. Il s’agit de créer des liens, des synergies.


Durant leur temps de résidence, l’architecte et son équipe sont invités à rendre visible ce qui est là, à révéler des potentiels, des opportunités. Il ne s’agit pas de concevoir un projet, mais plutôt de produire une pensée, un récit, et de les partager avec celles et ceux qui vivent dans le territoire d’accueil.
À l’issue de la résidence, une restitution de la démarche est organisée. Donnant lieu à un temps fort convivial, elle constitue un moment de valorisation et de rencontre ouvert à toutes et tous.» – Réseau des Maisons de l’Architecture (RMA)

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Pour toute question ou renseignement complémentaire, contactez-nous à : contact@maisondelarchitecture.re

Merci de votre soutien et de votre présence. Nous avons hâte de vous retrouver ce vendredi à la restitution de la résidence.