Il était une fois une petite fille native des Hauts plateaux d’Antananarivo, qui suivait son papa entrepreneur partout sur les chantiers dès son plus jeune âge … Un jour, elle décroche son bac et souhaite marcher sur les pas de son paternel en exerçant un métier du bâtiment.  Une rencontre avec un architecte “vazaha” (Zoreil en malgache) s’avère déterminante et décisive dans son choix.  Ce qui n’effleurait pas son esprit devient très vite une réalité: elle sera architecte.

 

Et pourquoi ne pas choisir de préférence une école dans le sud de la France, question climat!?  Ainsi Michèle (Patricia pour les intimes) Andrianarison s’engage à poursuivre son cursus à l’école de Marseille (ENSAM), puis fait ses premières armes en PACA, Antibes et Marseille, en particulier en réalisant des missions intérimaires dans le secteur privé dans différentes agences d’architectes.  Assez vite, elle décide de faire carrière dans la fonction publique et entame les démarches dans ce sens. De son point de vue, elle pense préserver plus de temps pour ses trois enfants.

C’est ainsi qu’elle est recrutée à la Direction de l’Equipement de Mayotte et intègre le corps des ingénieurs des Travaux Publics de l’Etat; puis finit par jeter l’ancre à la DDE de la Réunion en 2008. Au premier janvier 2011, celle-ci s’appellera la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement, et du Logement issu du regroupe•ment de la DIREN, DDE et DRIRE) à partir du 01 janvier 2011. Elle perçoit sa mission comme un véritable compromis, un moyen d’être utile au sein de la collectivité, tant pour le public que pour l’architecture elle-même. Toujours disponible et souriante, elle est volontaire pour informer, accom•pagner, évaluer les nouvelles dispo•sitions règlementaires dans l’acte de bâtir.

Accessibilité, RTAA DOM, démarche qualité, termites, prévention des désordres dans le bâtiment, et bientôt le parasismique,… les sujets sont vastes. Il lui incombe notamment de trouver avec les différents acteurs de la construction les meilleures interprétations, les réponses les plus appropriées au contexte tropical et insulaire de la Réunion.  Elle trouve son métier passionnant, riche de ces rencontres et de ces échanges avec des personnes de divers horizons et de différents métiers.

Depuis la terrasse de Planète Nature qui donne sur la cathédrale, Michèle s’interroge sur l’état du monde et son devenir. Elle pose le problème de la conception dans sa globalité: le rôle, la responsabilité, la vision, l’humain de l’architecte…. A son échelle, depuis son atelier, il est un homme de l’art certes, mais c’est bien lui qui façonne et gère l’espace dans lequel chacun de nous va évoluer… Il est garant de la qualité de la construction: confort d’usage, économie d’espace, d’éner•gie et de ressources naturelles en général…

Devant la récurrence des catastrophes naturelles qui se suivent mais ne se ressemblent pas, Michèle reste optimiste quant à la capacité de l’architecte à relever le défi de son temps, lié au changement climatique, convaincue que la créativ•ité de l’homme a toujours été à la proportion des difficultés qu’il ren•contre.

Elle admire en cela, les architectes de l’urgence présents au cœur de l’humain partout dans le monde au chevet des populations affligées par les forces dévastatrices de la nature… Elle même s’occupe par ailleurs, plus modestement, de quelques enfants démunis dans sa région natale afin de leur assurer une sco•larité durable et une plus grande chance dans la vie.

Une goutte d’eau dans la mer, mais qui ferait défaut si elle n’existait pas, dit-elle….

Céline Delacourt